Pour mieux apprécier Lyon, il faut visiter la ville à pied en s’attardant dans le vieux quartier – le 5e arrondissement – qui est le plus pittoresque avec ses rues étroites et leur moisson de cours et de traboules (passages couverts qui au temps des canuts facilitaient le transport de la soie à l’abri des intempéries), d’escaliers en vis et de galeries aériennes.

Cinq itinéraires permettent de découvrir les traboules sans se perdre ni passer à côté de l’essentiel. Pas moins de trois édifices religieux se partagent les 30 ha de ce quartier d’exception, témoin de la ferveur des catholiques : la cathédrale Saint Jean qui abrite l’horloge astronomique du XIIIe siècle (dont le mécanisme fonctionne toujours), la ravissante église romane Saint Paul et l’église Saint Georges entourées de maisons du Moyen-Age, embellies aux XVIe et XVIIe siècles.

Grâce à d’importants travaux de rénovation entrepris dans les années 60, la plupart des maisons « Renaissance » ont retrouvé leur beauté. C’est le cas notamment de l’Hôtel de Gadagne, la Loge du Change, le Palais Saint Jean et la Maison des Avocats. Trois hôtels de luxe dont la Cour des Loges sont installés dans ce quartier mais le plus surprenant est certainement la découverte d’Artelit maison d’hôtes blottie dans une demeure du 16e siècle au pied de la Tour Rose, qui abrite des chambres de caractère agrémentées d’œuvres d’art originales.. .

          Capitale mondiale de la gastronomie Qui dit restaurant, dit forcément gastronomie et dans ce registre, Lyon est une véritable référence. A commencer par les bouchons, ces bistrots traditionnels réputés pour leurs spécialités : saucisson chaud et pommes de terre, quenelles de brochet ou de volaille en sauce, tablier de sapeur, cardons à la moelle, gâteau de foies de volaille, œufs en meurette, cervelle des canuts… le tout arrosé du fameux pot Beaujolais. Pas très diététique mais tellement bon !

Les bouchons sont nombreux et certains décevants. Les valeurs sûres sont le Café des Fédérations, le Comptoir d’Abel, Les Adrets, sans oublier le Bon Temps. Du côté des tables gastronomiques, on recommandera bien sûr le restaurant de Paul Bocuse à Collonges (trois étoiles au Michelin) mais aussi les établissements de Nicolas le Bec (étoilé également) et de Raphael Beringer.

Cette année, si Lyon célèbre le 200e anniversaire de son célèbre théâtre des Marionnettes Guignol (voir le programme) créé par Laurent Mourguet en 1808, chaque 8 décembre, les lyonnais allument aussi de petits lampions sur leurs fenêtres en hommage à la Vierge puis descendent se promener dans la ville alors embrasée de milliers de lumignons et animée par des spectacles originaux dans l'ensemble des quartiers. Ces illuminations constituent une tradition fortement ancrée dans la vie de la cité.

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Si l’aspect général de la ville présente une architecture plutôt moderne, Lyon est en fait une cité très ancienne, datant de l’époque gallo-romaine. Jules César s’y installa en 58 av JC, et l’empereur Auguste en fit la capitale des Trois Gaules, baptisée Lugdunum « Ville de la Lumière » après l'avoir embellie en faisant construire un aqueduc, des thermes, un temple, un nouveau sanctuaire rappelant celui du dieu Lug, et un théâtre. Idéalement située aux confluents de la Saône et du Rhône et à mi-distance du Nord et du Midi, Lyon connu son véritable essor au 15e siècle à l’époque des grandes foires qui contribuaient au commerce florissant dans toute l’Europe.Chassés par la guerre, des négociants aristocrates Florentins émigrèrent vers Lyon, rejoints par les Allemands que l’activité locale attira.

Au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, Lyon était une ville riche et prospère réputée pour son industrie de la soie. Les canuts et ouvriers de la soie s’installèrent sur la colline de la Croix Rousse, tandis que la riche bourgeoisie habitait les beaux hôtels à Bellecour et les châteaux dans la campagne environnante.

Période catastrophique pour la ville et son industrie de la soie au moment de la Révolution, Lyon doit son nouvel essor à Bonaparte qui contribua à développer la prospérité de la ville par des encouragements aux inventeurs (utilisation du métier à tisser Jacquard), par des expositions, par l’implantation d’industries dans la région et par la construction du chemin de fer. Nouvelle révolte ouvrière au milieu du XIXe siècle… finalement l’industrie de la soie s’arrêta après la seconde guerre mondiale au profit de l’industrie automobile (Marius Berliet) et chimique.